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Infirmière américaine (2ème partie)

par Marie-Thérèse Borras Présidente du CVS Familles des résidents du Centre de gérontologie Pech Dalcy, Narbonne.

Soins de Longue Durée. Quelques réflexions de Barbara, infirmière (2/2)

4 Mars 2016, 06:12am

Publié par Barbara Acello, Louis lacaze et Bernard Pradines

Une initiative inédite : nous donnons directement la parole pour deux articles à une infirmière américaine passionnée par la gériatrie : suite.

« Un jour j’ai croisé un homme qui portait un tee-shirt avec l’inscription “je ne suis pas vieux, je suis un ado recyclé”. Il faudra que je m’en procure un. Je me sens l’âme d’une révoltée des années 60. Je me suis seulement calmée et j’ai gagné en maturité. Nous avons été étiquetés radicaux et libéraux (1). Les deux qualificatifs sont considérés comme négatifs. Nous sommes les deux. Mais le monde n’est plus du tout ce qu’il était il y a 60 ans. Aujourd’hui, quatre générations travaillent dans le domaine de la santé. Les résidents de nos institutions couvrent trois générations.

Une génération se définit par les dates de naissance des individus et leur place dans l’histoire. Leur savoir, leurs valeurs, leurs opinions ont été façonnées par les mêmes évènements. Bien que je vive aux Etat-Unis, les caractéristiques d’une génération sont grandement comparables dans le monde entier. Si vous voulez comprendre les résidents de nos établissements et les personnes avec qui vous travaillez, vous devez vous intéresser aux quinze à vingt premières années de leur vie pour combler le fossé entre les générations.

J’ai été hospitalisée pendant 90 jours après un grave accident. J’étais la plus jeune patiente dans l’établissement. Les soins étaient de qualité, je m’entendais bien avec les résidents et pourtant je n’étais pas totalement satisfaite. Identifier le problème m’a pris un certain temps. Puis j’ai compris que le fossé des générations était bien là. J’étais la seule de ma génération des baby-boomers. Les activités proposées ne m’intéressaient pas, ne demandaient aucun effort cérébral. La nourriture était une catastrophe, j’aurais voulu manger des tacos mexicains et des spécialités régionales. Raté.

La plupart des résidents sont de la génération de Vétérans (1923-1945). Peu font partie de celle des GI (1901-1922). Les établissements s’occupent bien de ces deux générations. Arrive la génération du baby-boom (1946-1964). Un terme que je n’apprécie pas. La durée de vie s’allonge. De nouvelles générations arrivent. Nous devrons nous adapter pour être en mesure de répondre aux besoins des nouveaux arrivants. Commencer par les activités et les repas mais aller plus loin. Organiser un travail par groupes pour définir les besoins. Et amorcer le virage tout de suite ! »

  1. Noter que ces termes n’ont pas la même signification aux USA et en France.

Source :

Traduction libre par Papi du texte ci-dessous envoyé à Bernard Pradines par Barbara, infirmière américaine travaillant aux Etats-Unis.

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